Depuis 2018, la CFDT occupe la première place en termes de représentativité syndicale dans le secteur privé, dépassant la CGT après plusieurs décennies de domination. Le calcul de cette représentativité repose sur un système de pondération des voix lors des élections professionnelles, propre au modèle français, qui distingue secteur privé et secteur public.
Les syndicats en France disposent d’un cadre légal précis, encadrant la création des sections syndicales et la désignation de représentants dans les entreprises. Leur influence varie selon leur capacité à réunir au moins 10 % des suffrages exprimés, condition indispensable pour négocier accords collectifs et conventions.
À quoi sert un syndicat en France ? Comprendre leur rôle et leur impact
Impossible d’ignorer le rôle des organisations syndicales françaises, tant leur empreinte structure la vie de nombreuses entreprises et des instances publiques. Leur légitimité ne se limite pas à rassembler des adhérents : la représentativité syndicale, codifiée par le code du travail et validée par les urnes lors des élections professionnelles, détermine leur capacité à peser dans le dialogue social, que ce soit à l’échelle d’une entreprise, d’une branche ou au niveau national interprofessionnel.
Un syndicat intervient en première ligne pour défendre les intérêts des salariés. Négocier collectivement sur les salaires, les conditions de travail, la formation ou l’égalité professionnelle : voilà son terrain de jeu. Mais l’activité syndicale, c’est aussi l’accompagnement lors de litiges, la défense des droits individuels ou le rappel du droit du travail. Autant de missions qui s’exercent au quotidien, loin des projecteurs, dans une multitude de situations concrètes.
Le paysage français s’organise autour de fédérations de syndicats nationaux : CFDT, CGT, CFE-CGC, CFTC, FO. Chacune véhicule son histoire, ses méthodes, ses priorités. Leurs représentants siègent dans les instances du dialogue social : branches professionnelles, Conseil économique, social et environnemental. Cette présence façonne les choix sociaux du pays, qu’il s’agisse de questions de travail, de protection sociale ou de grandes réformes.
Voici comment se structure concrètement l’action syndicale :
- Syndicats représentatifs : seuls aptes à négocier des accords collectifs au nom des salariés.
- Sections syndicales : ancrées dans chaque entreprise, elles assurent une présence au quotidien auprès des salariés.
- Services publics : un fonctionnement propre, une tradition forte d’engagement syndical avec, par exemple, la FSU ou Solidaires.
Au sommet, la représentativité au niveau national dépend à la fois du score électoral et du respect des critères posés par la loi. Des personnalités telles que Philippe Martinez (CGT) ou Laurent Berger (CFDT) en sont de parfaits exemples : leur capacité à influer sur le dialogue social s’est imposée dans le paysage, au fil des négociations et des grandes mobilisations.
CFDT, numéro 1 dans le secteur privé : que signifie ce classement ?
Le dernier cycle des élections professionnelles a confirmé la position de la CFDT comme première force syndicale dans le secteur privé en France. Ce rééquilibrage, enclenché il y a plusieurs années sous la houlette de Laurent Berger et désormais poursuivi par Marylise Léon, marque une inflexion majeure dans l’histoire syndicale française.
Le classement ne laisse aucune place à l’interprétation : il repose sur les résultats obtenus lors des scrutins d’entreprise, toutes branches confondues. Forte de près de 26,7 % des suffrages au niveau national interprofessionnel, la CFDT distance la CGT (22,6 %), FO (15,2 %), la CFE-CGC (11,9 %) et la CFTC (9,5 %). La progression de la CFDT ne se résume pas à un simple effet d’affiliation. Elle traduit une capacité à rassembler au-delà de ses bases historiques, à dialoguer là où le rapport de force aurait pu prévaloir, à incarner une culture du compromis sans perdre de vue la défense des droits.
Ce statut de numéro 1 accorde à la CFDT des leviers concrets :
- signature d’accords collectifs de premier plan
- accès direct aux négociations de branche
- poids décisif dans les grandes instances du dialogue social
Être la première organisation syndicale du secteur privé, c’est prendre part aux choix majeurs : réforme des retraites, évolution des conditions de travail, formation professionnelle… Mais rien n’est jamais acquis : chaque scrutin peut bouleverser la donne, chaque mobilisation collective peut redistribuer les cartes. L’équilibre syndical, en France, demeure mouvant.
Sections syndicales : comment fonctionnent-elles au quotidien dans les entreprises ?
Dans la réalité des entreprises françaises, la section syndicale agit comme un point d’ancrage entre salariés et direction. Constituée par un syndicat reconnu comme la CFDT ou la CGT, elle s’appuie sur des militants de terrain, familiers des enjeux locaux. Le code du travail encadre précisément leurs droits : possibilité d’affichage, distribution de tracts, organisation de réunions, désignation d’un délégué syndical pour porter la voix du collectif lors des discussions avec l’employeur.
Le quotidien de la section syndicale ne se limite pas à la préparation des élections professionnelles. Son action s’étend à l’accompagnement des salariés dans les conflits individuels, à la défense collective, à la proposition d’améliorations concrètes sur les conditions de travail. Ce sont des interventions en réunion avec la direction, l’animation d’assemblées, la participation aux négociations annuelles obligatoires : autant d’occasions de faire entendre la voix des salariés. Loin du cliché du syndicaliste retranché, la section syndicale adopte de plus en plus une démarche tournée vers le dialogue, l’expertise et la concertation.
Leur action se décline de façon très concrète :
- informer les salariés sur leurs droits
- apporter un soutien lors de procédures disciplinaires
- surveiller l’application effective des accords collectifs
Tout se joue lors des élections professionnelles : la représentativité syndicale confère un véritable pouvoir d’influence sur les choix stratégiques de l’entreprise, qu’il s’agisse de restructuration ou de plan de formation. Avec leur présence quotidienne, les sections syndicales demeurent un pilier incontournable de la démocratie sociale, capables de transformer le dialogue en avancées concrètes.


